L'EVEIL

« Évidemment, étant sur la voie, nous atteindrons plus rapidement l'état de Bouddha. De plus, nous intégrerons le Dharma plus rapidement dans notre continuum de conscience » Lama Samten

L’éveil de la nature de bouddha

 

Les moyens d’éveiller la nature de bouddha

 

C'est par la prise de refuge et les accumulations de mérites et de sagesse que nous pourrons éveiller notre nature de bouddha. Sans cela, elle serait comme une graine sans eau et sans soleil qui ne pourrait pas pousser.

 

Les signes d'éveil de cette nature

 

Pour le pratiquant du hinayana, les signes se manifestent ainsi : d’un côté, il éprouve de forts sentiments de dégoût et de renoncement en pensant aux fautes et à la souffrance du samsara, à tel point qu’il peut même se mettre à pleurer; d'un autre côté, il ressent une joie immense en pensant aux qualités du nirvana et il acquiert une grande persévérance dans la mise en action de son objectif.

 

Pour le pratiquant du mahayana, le dégoût du samsara s'accompagne du fort désir de sauver tous les êtres sensibles de cet océan de souffrances. Dans une grande compassion et un grand amour, il souhaite les mener à l'état de félicité de la bouddhéité. Des sensations très fortes reliées à ces pensées, telles que des tremblements, une chaleur interne, des pleurs, des frissons ou un grand bonheur, montrent réellement que la nature de bouddha s'éveille.

 

L’orientation de l'esprit sur la voie de l’éveil

 

Un bon médecin donnera au malade le médicament approprié à son type de maladie.  De même, le Bouddha a enseigné différents niveaux de pratique pour rejoindre les êtres qui ont des motivations et des capacités différentes (petite, moyenne ou grande capacité). Nous devons aussi choisir la capacité qui convient à notre situation, suivant les diverses étapes du Lam Rim.

 

Les bénéfices de l'éveil de la nature de bouddha

 

Évidemment, étant sur la voie, nous atteindrons plus rapidement l'état de Bouddha. De plus, nous intégrerons le Dharma plus rapidement dans notre continuum de conscience. C’est ainsi que notre effort joyeux croîtra et que nous ne serons plus soumis à renaître dans les royaumes inférieurs.

 

La lignée de notre nature de bouddha

 

Dans la vie courante, on parle de lignée royale ou de lignée familiale.  Dans le bouddhisme, la lignée réfère plutôt à la lignée de la propre nature de bouddha et de la nature de bouddha à porter à maturation. Ces deux lignées se continueront jusqu'à donner fruit, c'est-à-dire jusqu’à produire les quatre corps d'un bouddha, les corps de vérité et de sagesse primordiale pour la première lignée, ainsi que les deux corps de forme (corps d'émanation et corps de jouissance) pour la deuxième lignée.

 

La durée de la nature de bouddha

 

Définie d'une manière générale, la nature de bouddha existe depuis des temps sans commencement et continuera après avoir atteint l'éveil. D'une manière spécifique au mahayana, cette nature s'éveille dès l'entrée dans la première voie (l'accumulation) et termine son développement au dernier moment de la voie de la méditation, juste avant l'éveil.

 

La preuve de son existence

 

Sans cette nature de bouddha comme base, la voie des aryas ou tout autre niveau de la voie vers l'éveil ne pourrait être pratiquée. Si nous pouvons nous engager dans une telle voie, c'est que cette nature de bouddha existe réellement.

 

Conclusion

 

Lorsqu'on étudie ces différents enseignements, il est important de bien faire la distinction entre les deux types de soutras enseignés par le Bouddha, ceux de sens définitif et ceux de sens interprétatif.  Nous devons comprendre le contexte dans lequel le Bouddha a donné ces enseignements, le type d'êtres à qui il s’adressait, leurs capacités, leurs motivations, etc... Par exemple, à certains êtres paresseux et non enclins à l'étude ni à l'effort, le Bouddha a enseigné que la simple prière pouvait les mener à l'éveil. Cela est impossible, mais en leur parlant ainsi, le bouddha a suscité chez eux la confiance en ses paroles et ceux-ci ont pu développer leur intérêt et leur effort par la suite. 

 

Également, dans le soutra du cœur, il est dit qu'il n'y a pas de forme, pas de conscience, pas de souffrance, pas de cause de la souffrance, etc... Il faut comprendre ici qu'il y a un sens caché, que ces choses existent en fait, mais qu'elles n'existent pas de manière intrinsèque et qu’elles sont totalement interdépendantes. Il est donc nécessaire d'utiliser le raisonnement dans l'étude du Dharma.

 

Guéshé Lobsang Samten

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