Dharma

La vue pénétrante de la production conditionnée, de la vacuité et les actes infinis de compassion sont la base de la pratique bouddhiste. 

Voici un résumé des divers enseignements donnés par Lama Lobsang Samten et les autres professeurs du Centre Paramita selon la tradition du Lamrim (Les étapes de la voie vers l'éveil). Ce sont les mêmes enseignements qui sont donnés à l'université monastique de Ganden Jangtsé, maintenant rétablie dans le sud de l'Inde. Naviguez dans le menu du haut pour les consulter (Philosophie - Bouddha - Dharma -Sangha). Vous trouverez également des informations complémentaires des enseignements de Sa Sainteté le Dalai-Lama.

 

Tout d'abord, après une introduction aux étapes du chemin, les premiers sujets sont dénommés * Petite (Initiale), ** Moyenne (Intermédiaire) et *** Grande (Avancée) capacité.  C'est l'ensemble de la voie enseignée par le Bouddha présenté de manière à pouvoir nous mener de façon progressive jusqu'à l'Éveil. 

 

Le Bouddha Shakyamouni les a d'abord enseignées à son époque, puis elles furent reprises par le Saint indien Atisha et un peu plus tard par le grand maître tibétain Lama Tsongkhapa qui les présentèrent sous forme d'un texte condensant ainsi toutes ces étapes (Lamrim).  La * petite et la ** moyenne capacités constituent le petit véhicule, le Hinayana, tandis que la *** grande capacité est la voie du grand véhicule, le Mahayana.  Loin d'être opposés, ces deux véhicules ne sont qu'une suite logique et naturelle de l'évolution sur le chemin de l'Éveil.

 

Sa Sainteté le Dalai-Lama explique le Dharma ainsi :

 

Cheminer vers l’éveil

 

Le Lamrim enseigne les étapes de la voie qui conduit à la pleine réalisation de votre potentiel.  L’« éveil » est l’accomplissement, ce qui résulte lorsque la réalisation est atteinte. Les techniques pour atteindre l’éveil sont désignées par le verbe « cheminer » qui suggère la Voie. Elle est organisée en étapes et précise l’enchaînement des exercices, allant de ce que doit entreprendre le novice jusqu’au stade ultime de la « perfection ».

 

Les écrits bouddhistes sont classés en trois thèmes majeurs : la nature du phénomène, les exercices d’élévation spirituelle et les résultats de cette pratique. On les appelle la Base, la Voie et le Fruit.  Si vous utilisez certains principes comme la base de votre pratique, les avantages vont s’accumuler et, en les mettant en œuvre, les fruits tirés de la pratique seront très utiles pour atteindre vos buts.

 

Dans le cheminement vers l’éveil, quelles sont les voies, les pratiques pour actualiser l’éveil suprême ? La moralité (l’éthique, le renoncement), la méditation profonde (la concentration) et la sagesse, confortées par la compassion. Les écoles bouddhistes sont fondées sur la compassion. La moralité consiste à abandonner les dix actes non vertueux : trois actes du corps (tuer, voler, avoir un comportement sexuel déréglé), quatre actes de la parole (mentir, calomnier, proférer des paroles blessantes et se complaire dans le bavardage inutile), et trois actes de l’esprit (la convoitise, la malveillance et les vues erronées). L’interdiction de tuer concerne les êtres humains et englobe aussi les autres êtres vivants. Il est incorrect de blesser le moindre être vivant. Cette règle est due au fait que la compassion est le véritable socle du bouddhisme.

 

Parmi les différentes formes du bouddhisme, un courant rassemble plusieurs écoles. Pour elles, la compassion va bien au-delà de l’empathie et s’étend jusqu’au vœu de libérer les êtres vivants de la souffrance à travers l’espace. Cette grande résolution, le vœu de travailler à réaliser l’éveil afin d’apporter aux autres le bien-être, s’appelle l’«intention altruiste d’atteindre l’éveil ». Par la pratique de la moralité, de la méditation profonde et de la sagesse, vous pouvez atteindre l’illumination d’un bouddha. C’est la voie de l’éveil.

 

La Voie

 

La vue pénétrante de la production conditionnée, de la vacuité et les actes infinis de compassion sont la base de la pratique bouddhiste.  L’exercice de prise de conscience est qualifié de pénétrant car il ne s’arrête pas à l’aspect superficiel des phénomènes, mais s’appuie sur l’idée que les choses sont réelles, selon leur mode d’existence.  Lorsque l’apparence ne vous satisfait pas et que vous cherchez la nature intrinsèque des choses à l’aide de l’analyse et de l’introspection, vous découvrez leur véritable essence qui est vide d’existence inhérente et d’indépendance.

 

Le terme vue se réfère dans ce contexte à la conscience du pratiquant, à l’acte de prise de conscience ou à l’objet qui est ciblé. En définitive, la « vue pénétrante » dans le bouddhisme se rapporte à ces notions : à la prise de conscience ou à la réalisation de la nature subtile des phénomènes, grâce à la sagesse. En conséquence, la première série de pratiques de base, la vue pénétrante de la production conditionnée et de la vacuité sont appelées « les étapes de la voie de la conscience profonde ».

 

L’autre partie des pratiques de base correspond aux actes illimités de compassion. « Illimités » car les voies, niveaux, etc., se franchissent avec les outils mis à votre disposition – corps, parole et mental. Ils forment « les étapes de la voie consacrées aux actes illimités ».

 

Les modes de transmission de ces pratiques fondamentales

 

En Inde, les enseignements des étapes de la voie concernant la vue pénétrante furent transmis à l’origine par le sage indien Nagarjuna, qui vivait entre le premier et le deuxième siècle de notre ère. Les enseignements relatifs aux actes illimités de la compassion sont principalement dus au sage indien Asanga que nous avons déjà mentionné. Les deux grands maîtres pratiquaient aussi bien la vue pénétrante que les actes illimités de compassion. Leurs affinités personnelles les ont poussés à étudier particulièrement certains aspects de la voie. Nagarjuna s’est attaché à définir la vacuité dans les Six Traités. Dans les Cinq Traités concernant les Terres de l’éveil, Asanga s’emploie à présenter les pratiques spirituelles des voies et des étapes.

 

La vue pénétrante de la vacuité et les actes illimités de compassion transmis par ces deux grands érudits, Nagarjuna et Asanga, sont les principaux thèmes de ce livre. Le Tibet est béni car il a accueilli sur son sol l’ensemble des écoles bouddhistes, qui vont de celles où les pratiquants se consacrent exclusivement à leur propre éveil à celles où les méthodes ont une orientation plus altruiste et sont connues sous le terme de Grand Véhicule. Je présenterai les étapes de la voie de l’éveil pour fixer dans le mental l’ensemble de ces pratiques ; elles culminent dans la réalisation de l’omniscience altruiste.

 

Classer les écrits bouddhistes

 

Les écrits bouddhistes se classent en trois catégories : science, philosophie et religion. La science bouddhiste s’intéresse aux statuts fondamentaux des phénomènes. La philosophie énumère les conséquences de ce statut. Puis fondée sur les réflexions scientifiques et philosophiques nous examinons la large gamme des pratiques spirituelles qui appartiennent à la religion.

 

En plus de trente ans, j’ai eu de multiples contacts avec les scientifiques du monde entier. Nos relations ont porté sur la science bouddhiste, qui se penche sur le statut fondamental des phénomènes, si bien formulé dans des écrits comme le Trésor de la connaissance manifeste de Vasubandhu. On y trouve un débat essentiel sur la cosmologie, les éléments fondamentaux, les minuscules particules, etc., mais aussi de riches enseignements sur la psychologie bouddhiste, des informations sur la neurologie et des détails sur le système nerveux et les influx énergétiques qui le parcourent. Ces thématiques scientifiques bouddhistes sont à l’origine de mon intérêt pour la science moderne. Et je crois que les sciences bouddhistes peuvent être d’une grande utilité pour la science contemporaine internationale.

 

Il serait d’ailleurs stupide que les bouddhistes se contentent de leur savoir scientifique traditionnel. Les sciences contemporaines sont très expertes sur ces sujets et ont développé les calculs et les mesures. Et je pense que les bouddhistes pourraient en tirer de grands bénéfices en s’y intéressant. Et les scientifiques internationaux ont énormément à des réflexions scientifiques du bouddhisme, dans le domaine de la psychologie notamment. Un maître indien et érudit comme Vasubandhu aurait certainement beaucoup appris des sciences contemporaines, comme la cosmologie. Pour Nagarjuna, investi dans la réflexion sur le mental, il n’aurait, à mon avis, en rien modifié sa pensée scientifique ou philosophique.

 

Sa Sainteté le Dalai-Lama

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